En pratique, il existe différentes manières d'influer sur les émissions d'ammoniac et d'odeurs des poulets de chair. Il s'agit notamment de réduire leur apport en protéines ou d'utiliser des sources de protéines alternatives, ainsi que d'ajouter des additifs lors de la production ou de l'administration de l'aliment.
Avant de généraliser l'utilisation de sources de protéines alternatives, d'additifs ou d'aliments à teneur réduite en protéines, l'industrie avicole a besoin de données fiables sur les effets des composants utilisés. Ces données doivent notamment porter sur les performances de croissance attendues (gain de poids quotidien, poids final, indice de conversion alimentaire), les émissions potentielles de gaz nocifs (ammoniac et dioxyde de carbone) et l'importance des émissions d'odeurs. Il est inacceptable de commercialiser des aliments susceptibles de réduire les émissions qui, tout en contribuant à la réduction de l'ammoniac et des odeurs issues de l'élevage avicole, diminuent simultanément les performances de croissance attendues et compromettent la rentabilité.
À la station d'élevage HBLFA Raumberg-Gumpenstein, deux bâtiments d'élevage identiques (d'une capacité de 420 animaux à l'engraissement chacun) permettent de comparer directement les aliments expérimentaux et les aliments témoins. Dans chaque enclos, le débit d'air, la température, l'humidité et les concentrations de gaz nocifs dans l'espace réservé aux animaux et le système d'extraction des gaz sont surveillés en continu par spectroscopie photoacoustique. Des échantillons d'air pour l'olfactométrie (mesure des odeurs) sont également prélevés tous les 7 jours. La collecte des données est complétée par un pesage automatique continu, l'enregistrement des quantités d'aliments distribuées, la consommation d'eau et les pertes pendant le cycle d'engraissement.
Actuellement, à Raumberg-Gumpenstein, dans le cadre d'une collaboration entre entreprises, un aliment expérimental en quatre phases à teneur réduite en protéines brutes est comparé à un aliment d'engraissement conventionnel en quatre phases. Des études ultérieures, prévues fin 2020, examineront plus en détail, à l'aide de techniques expérimentales, les effets d'un additif alimentaire d'origine végétale.



