Recherches sur les effets du sulfate de cuivre sur les endoparasites et le métabolisme chez les chevreaux
Les chèvres sont sensibles aux infestations parasitaires, mais doivent paître conformément aux réglementations de l'agriculture biologique. L'utilisation fréquente de vermifuges peut entraîner une augmentation de la résistance aux parasites. De nombreuses études ont examiné les effets d'une supplémentation modérée en cuivre sous diverses formes (particules de fil d'oxyde de cuivre, nitrate de cuivre, sulfate de cuivre) sur les chèvres pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, en ce qui concerne l'activité parasitaire et le stress métabolique. Cependant, aucune publication n'existe sur les effets de doses plus élevées de sulfate de cuivre sur l'activité parasitaire ou le métabolisme des chevreaux. L'administration continue de faibles quantités de sulfate de cuivre sur une période prolongée ne semble pas avoir d'effet sur les parasites, mais une administration prolongée semble avoir un impact négatif sur les animaux.
Cette expérience vise à déterminer :
1. si l'administration orale à court terme de sulfate de cuivre à deux concentrations élevées différentes induit un effet détectable contre les parasites chez les chevreaux ;
2. si, et dans quelle mesure, l'administration orale à court terme de sulfate de cuivre a un effet sur les muqueuses, le métabolisme et la santé des chevreaux ;
3. quelle quantité de cuivre administré est excrétée dans l'environnement par les fèces et l'urine.
Après infection artificielle de chevreaux mâles castrés avec des larves infectieuses de troisième stade d'Haemonchus contortus (2 000 larves par jour pendant 3 jours), les animaux sont répartis en trois groupes selon les résultats de l'excrétion parasitaire (moyenne). Deux groupes expérimentaux reçoivent par voie orale du sulfate de cuivre à deux concentrations différentes : une concentration élevée de 40 % (20 ml par jour pendant 3 jours, soit 2,6 g) et une concentration faible de 20 % (20 ml par jour pendant 3 jours, soit 1,3 g). Le groupe témoin reçoit la même quantité d'eau (20 ml par jour pendant 3 jours, soit 0 g) que le groupe expérimental.
L'efficacité du traitement est contrôlée par le comptage des œufs dans les fèces et des parasites dans la caillette. Les effets potentiels de l'administration orale de sulfate de cuivre sur le foie, les muqueuses du tube digestif et le métabolisme sont évalués par des examens histologiques et des analyses sanguines. L'excrétion de cuivre dans les fèces/l'urine sera déterminée en mesurant respectivement la teneur en cuivre dans les fèces et l'urine.
Objectifs du projet :
L’utilisation fréquente de vermifuges peut entraîner une résistance. Du fait de leur immunité moins développée aux parasites, les chèvres sont beaucoup plus sensibles que les bovins. Par conséquent, la gestion des pâturages est considérablement plus complexe pour les chèvres que pour les bovins. Des études in vitro ont montré que le sulfate de cuivre inhibe le développement des œufs de parasites. De nombreuses études ont examiné les effets d’une supplémentation modérée en cuivre sous diverses formes (particules de fil d’oxyde de cuivre, nitrate de cuivre, sulfate de cuivre) pendant plusieurs semaines à plusieurs mois sur l’activité parasitaire et le stress métabolique chez les chèvres. Cependant, aucune publication ne traite des effets de doses plus élevées de sulfate de cuivre administrées sur une courte période sur l’activité parasitaire ou le métabolisme des chevreaux. L’administration continue de quantités modérées de sulfate de cuivre sur une période prolongée n’a montré aucun effet sur les parasites, mais une administration prolongée a eu un impact négatif sur les animaux.
Cette expérience vise à déterminer :
1. si l’administration orale de sulfate de cuivre à court terme (3 jours) à des concentrations élevées (20 ml d’une solution de CuSO₄ à 20 % et 40 %) induit un effet détectable contre les parasites chez les chevreaux (4 à 6 mois) ;
2. si, et le cas échéant, quelle est l’intensité de l’effet de cette administration orale de sulfate de cuivre sur les muqueuses (rumen, caillette, intestin grêle), le métabolisme et la santé des chevreaux ;
3. quelle quantité de cuivre administré est excrétée dans l’environnement par les fèces ou l’urine.
Dans cette étude, des chevreaux sevrés sont infectés artificiellement avec des larves infectieuses de troisième stade d'Haemonchus contortus (2 000 larves par animal pendant trois jours consécutifs) et, après 5 à 6 semaines, sont divisés en trois groupes expérimentaux en fonction de l'excrétion d'œufs (valeur moyenne) : 2 groupes expérimentaux (deux concentrations différentes de sulfate de cuivre) et un groupe témoin.
Cette expérience vise à évaluer l'effet sur l'activité parasitaire (excrétion d'œufs, nombre de parasites dans la caillette), sur le métabolisme de l'animal (analyses sanguines, notamment les paramètres hépatiques et l'hématocrite), et sur le métabolisme du cuivre chez l'animal (taux de cuivre dans la caillette, le duodénum, le jéjunum, l'iléon, le foie, les reins, examens histologiques de ces organes), ainsi que sur l'excrétion du cuivre (fèces, urine).
Pertinence pratique :
La demande d’alternatives à la lutte antiparasitaire demeure forte. Des études antérieures ont montré que l’ajout d’additifs spécifiques à l’alimentation pouvait influencer l’activité parasitaire, mais
les recommandations pratiques de mise en œuvre font encore défaut et l’effet observé reste trop limité.
Ces études fondamentales sont menées sur des chevreaux afin d’étudier l’effet de doses élevées de sulfate de cuivre administrées par voie orale sur une courte période et à différentes concentrations, sur les parasites et les animaux eux-mêmes. Si les résultats sont positifs, des études complémentaires sur des chèvres laitières pourraient être envisagées.



